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Sur les traces de l’Ordre de chevalerie allemand à Malines
Les archives de la commanderie de Pitzemburg
(3 octobre 2008)

Malines est une ville riche en histoire. Une histoire qu’elle doit entre autres aux diverses institutions administratives, judiciaires et religieuses qui s’y sont côtoyées et succédées au fil des siècles. On oublie souvent que le "Dijlestad" (la ville de Dijle) a accueilli une des commanderies les plus riches et les plus fascinantes de l’Ordre teutonique aux Pays-Bas : Pitzemburg. Les archives de la commanderie, conservées aux Archives de la Ville de Malines, permettent de faire revivre ce passé pour le moins captivant.

L’Ordre des Chevaliers teutoniques, un ordre religieux comparable à l’Ordre des Templiers ou à l’Ordre de Malte, s’établit à Malines au terme de la cinquième croisade, encouragé par la famille Berthout qui administre à l’époque la seigneurie de Malines. La date précise de ces évènements reste une énigme. On sait cependant que des moines combattants occupent l’endroit vers 1296. Le nom "Pitsenburg" serait apparu vers 1272.

La commanderie relève d’abord du "bailliage" ou du "territoire" Alden Biezen, puis du bailliage Koblenz. De donations en achats, elle se constitue progressivement un imposant patrimoine en maisons, cens et terrains. Ces possessions se trouvent à l’intérieur de la ville mais s’étendent aussi bien au-delà, jusqu’en Flandre Zélandaise. De nombreux comptes, rouleaux ou livres de cens ainsi que des recueils de cartes illustrées en couleur nous en brossent un tableau précis.

C’est Pitzemburg qui, au demeurant, s’occupe de gérer l’ensemble des biens de l’Ordre teutonique en Flandre et dans le Brabant. Une information qui nous est livrée une fois encore par les archives. On dispose ainsi de sept rouleaux de parchemin datant du 14e siècle qui détaillent les revenus provenant des régions d’Oudenburg et de Diksmuide.

La puissance de Pitzemburg atteint son apogée aux 14e et 15e siècle. Elle découle en partie des privilèges que de nombreux souverains tant séculiers que religieux octroient à la commanderie. En sont témoins les dizaines de chartes et de documents divers traitant de ces privilèges. Les chartes illustrent en outre parfaitement l’évolution générale de l’Ordre des Chevaliers teutoniques.

En échange du soutien du pontificat et des souverains, Pitzemburg fournit les fonds nécessaires en temps de guerre et assure le gîte aux troupes militaires. Les hôtes de haut rang (comme les seigneurs) qui sont accueillis à Malines logent traditionnellement à la commanderie. Divers relevés répertoriant le mobilier permettent de se faire une idée de la richesse et de la somptuosité des bâtiments.

C’est au 16e siècle que la commanderie amorce son déclin. Ses nombreuses contributions financières aux guerres et la situation tendue entre les pouvoirs politiques et religieux aux Pays-Bas en sont les principales causes. En 1794, les Français sonnent définitivement le glas de la commanderie déjà bien affaiblie. Aujourd’hui, les bâtiments accueillent l’Athénée royal Pitzemburg de Malines.

Les archives de la commanderie de Pitzemburg peuvent être consultées gratuitement dans la salle de lecture des Archives municipales de Malines (accessible les lundis, mardis et jeudis de 8.30 à 12.00 h et de 13.00 à 17.00 h). Plus d’infos: stadsarchief@mechelen.be ou 015/20.43.46.

archives : Archives de la commanderie de Pitzemburg. 1190-1793.

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Pitzemburg en l’an 1560.

Les propriétés de Steenhuffel, dans un recueil de cartes datant de 1718.

Copie d’un rouleau détaillant les rentes perçues dans les régions d’ Oudenburg et de Diksmuide, 1301.

Vidimus d’un acte par lequel le roi catholique Adolphe prend l’Ordre teutonique sous sa protection et lui confirme tous ses privilèges, 1294.

L’athénée royal de Pitzemburg.

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